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Les statisticiens publics protestent contre la publication de « chiffres du chômage » de plus en plus éloignés de la réalité !

- UNSA ITEFA - SNU - CGT

- Les personnels de l’INSEE, de la DARES (direction statistique du Ministère de l’Emploi) et de l’ANPE, les trois organismes qui participent au calcul des chiffres du chômage, ont tous exprimé leur désapprobation et continuent de le faire.

- En janvier 2007, la direction de l’INSEE a décidé de ne pas réévaluer le taux de chômage 2006 à partir d’une enquête, comme elle le fait chaque année. Elle maintient donc une estimation basée sur les fichiers contestables de l’ANPE.

- Pourquoi l’INSEE n’a pas réévalué le taux de chômage ?

- Parce qu’elle s’est rendue compte que le taux de chômage révélé par l’enquête était bien supérieur au chiffre annoncé jusque là !

- La direction de l’INSEE a eu peur de publier un chiffre qui remettrait en cause la baisse du chômage sur laquelle s’appuient les discours du gouvernement. Elle a prétexté le manque de fiabilité de son enquête, mais continue, chaque mois, de publier des chiffres basés sur les fichiers de l’ANPE, dont elle sait qu’ils sont encore moins fiables.

- Comment le chômage annoncé chaque mois
a divergé de celui révélé par l’enquête de l’INSEE ?

- Normalement, l’INSEE se base sur le taux de chômage estimé par son enquête en mars. Mais l’enquête est annuelle et il faut des chiffres chaque mois. L’INSEE fait donc évoluer son taux de chômage à l’aide de l’évolution du nombre de « demandeurs d’emploi en fin de mois » (les DEFM), calculé par la DARES à partir des fichiers de l’ANPE.

Mais depuis 2005, les fichiers de l’ANPE ne sont plus une bonne représentation de l’évolution du chômage réel, car la politique de gestion de ces fichiers a changé.

- Quelques exemples :

- Ne sont plus comptés dans les DEFM :

- les licenciés économiques signataires de conventions de reclassement personnalisé ou de contrat de transition professionnelle,

- les demandeurs d’emploi bénéficiaires des petits boulots d’attente aidés par l’État,

- ceux qui exercent de temps en temps des petits boulots non aidés pour survivre en attendant mieux...

- les radiations se sont multipliées, car : les Assedic ont réduit le délai laissé aux demandeurs d’emploi pour actualiser leur situation chaque début de mois ; les rendez-vous de suivi sont devenus mensuels et, comme le personnel de l’ANPE n’a pas augmenté, ils sont de plus en plus expéditifs et sans intérêt, les absences au rendez-vous sont donc plus fréquentes (que ce soit pour cause de maladie, d’indisponibilité ou de découragement...)

- Jeudi 26 avril : Le personnel de la DARES est en grève !

- Face à la sourde oreille de la direction de la DARES, l’interpellation de la direction par le personnel se fait de plus en plus forte :

- Après la première polémique qui a suivi l’annonce de l’INSEE de ne pas réviser le taux de chômage, le CNIS (Conseil National de l’Information Statistique) a organisé une réunion ouverte à la presse pour que l’INSEE et la DARES s’expliquent sur cette décision.

- La direction de la DARES a demandé aux agents d’estimer l’erreur générée par les changements de gestion des demandeurs d’emploi à l’ANPE. Des chiffrages ont été réalisés, mais ils ont disparu mystérieusement de la présentation au CNIS !

- Suite à la réunion du CNIS, la direction de la DARES a été invitée à venir s’expliquer devant le personnel réuni en assemblée générale. Elle n’a pas répondu à cette invitation.

- L’assemblée générale a alors adressé à sa direction une lettre ouverte dénonçant la partialité de son intervention au CNIS : « Nous estimons que la présentation devant le CNIS n’a pas été fidèle aux conclusions de l’expertise qui avait été réalisée pour l’occasion à la DARES, celle-ci étant apparue comme n’ayant pas rempli sa mission d’expertise statistique et scientifique ».

- Dans cette lettre, le personnel de la DARES a exigé l’arrêt de la publication des chiffres du chômage mensuels, qui ne sont plus en rapport avec la réalité.

- La direction de la DARES n’a adressé aucune réponse écrite officielle à la lettre ouverte. Elle a seulement abordé la question oralement dans une réunion du personnel dédiée à un autre sujet, sans apporter de réponse valable.

- Jeudi 19 avril, de façon inédite, un rassemblement sur le parvis de la DARES a réuni plus d’une centaine d’agents, non seulement de la DARES, mais aussi de l’INSEE, de l’ANPE, de la DREES et d’autres services statistiques.

Notre demande est restée la même : cesser de publier une estimation dont chacun sait qu’elle enjolive abusivement la situation !

- Notre direction, sans répondre à nos demandes insistantes, persiste dans sa volonté de publier un chiffre indéfendable.

- La crédibilité de la DARES et plus largement du système statistique public est en jeu.

C’est donc avec la même exigence, en défense de sa déontologie professionnelle et des principes d’indépendance et de neutralité de la statistique, que le personnel de la DARES est en grève jeudi 26 avril, pour s’opposer à la publication du chiffre du chômage de mars, prévue le vendredi 27 avril 2007.


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