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Commission des communautés européennes sur l’emploi

Le rapport conjoint sur l’emploi qu’adopteront les ministres le 29 février rend compte, pour l’année dernière, d’une croissance de l’emploi impressionnante.

- Au cours des deux dernières années, près de 6,5 millions d’emplois ont été créés et 5 millions d’emplois supplémentaires sont attendus d’ici 2009. Le chômage dans l’UE devrait passer au-dessous de la barre des 7% en 2008, ce qui correspondrait au niveau le plus bas jamais atteint depuis le milieu des années 80.

- En résumé, le rapport estime que la stratégie intégrée de Lisbonne porte ses fruits et que les réformes structurelles commencent à être payantes mais des sujets de préoccupation demeurent.

L’environnement économique favorable a marqué d’une empreinte positive les marchés du travail européens. En 2006, pour la première fois depuis près d’une décennie, une croissance à forte intensité d’emploi a été observée.

- L’année dernière, presque 4 millions d’emplois ont été créés et le chômage a atteint son plus bas niveau depuis des années. Ces évolutions sont en partie cycliques : néanmoins, il semble que la stratégie européenne pour l’emploi et la stratégie intégrée de Lisbonne portent ses fruits et que les réformes structurelles commencent à être payantes. Le récent déclin du chômage structurel en est l’un des signes les plus évidents.

Pourtant, en dépit de cette situation relativement favorable sur le marché du travail, plusieurs questions extrêmement préoccupantes demeurent.

- Avant tout, le chômage des jeunes reste très problématique dans de nombreux États membres, les jeunes n’ayant pas profité, proportionnellement, de l’essor économique : en 2006, ils étaient toujours deux fois plus exposés au chômage que l’ensemble de la main-d’œuvre.
- Aujourd’hui, dans l’UE, près d’un jeune sur six, ce qui représente quasiment 7 millions de personnes, sort encore prématurément du système éducatif et pratiquement aucune élévation des niveaux d’études n’a été enregistrée.
De nouveaux efforts doivent être déployés pour que les objectifs fixés par l’Europe en matière d’emploi soient atteints.

- En outre, la capacité d’adaptation des marchés européens du travail aux défis de la mondialisation et du vieillissement de la population demeure insuffisante. Le chômage structurel est toujours trop élevé et de nouvelles actions doivent être engagées, dans le contexte de politiques globales de flexicurité, pour améliorer le fonctionnement des marchés du travail en Europe et faciliter les transitions dans le but d’éliminer les obstacles à l’emploi.

Il est très encourageant de constater que, désormais, près de la moitié des États membres ont élaboré ou élaborent des politiques générales de flexicurité. Cependant, les résultats observés au sein des différents éléments les sous-tendant sont moins positifs.

- La segmentation du marché du travail reste un problème majeur dans beaucoup d’États membres, les politiques adoptées tendant toujours plus à faciliter les règles d’entrée des nouveaux venus sur le marché de l’emploi et à favoriser une plus grande diversité contractuelle qu’à réformer le cœur de la législation du travail.

- Les réformes de la sécurité sociale se sont généralement limitées à des réformes des régimes de retraite.

- Les politiques actives du marché du travail, bien que de plus en plus personnalisées, ont vu leur budget décroître depuis 2000, aussi bien en tant que part du PIB que du point de vue des dépenses par travailleur.

- Enfin, la participation à l’éducation et la formation tout au long de la vie au sein de l’UE s’est à peine accrue de 2005 à 2006, reculant même dans la moitié des États membres, alors que la formation des adultes reste inégalement répartie.

Ces résultats sont décevants et ne présagent rien de bon pour l’avenir. Des investissements dans le capital humain substantiellement plus élevés et mieux ciblés sur les besoins du marché du travail sont essentiels pour combler l’écart de productivité observé par rapport aux principaux concurrents sur la scène mondiale.

- Le rapport estime que l’Europe doit poursuivre ses réformes du marché du travail en vue d’une amélioration qualitative et quantitative de l’emploi, notamment avec une attention spéciale, qui doit être accordée à la population inactive et à l’emploi précaire, et il précise qu’en un monde où règne une concurrence intense, une Europe vieillissante nécessite une main-d’œuvre plus productive.