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C.T.M. du 1er décembre 2015

Un jeu de dominos : certes ! Mais lassant !....

Monsieur le Président,

Ce nouveau CTM a un ordre du jour, bien semblable à ses précédents « pairs » : à savoir quand ladite modernisation rime surement avec déshumanisation.

Pour rappel, vous nous « invitez » à psalmodier sur un jeu de dominos avec :

- 1°) Points pour avis :

- Offre de formation 2016 ;

- Projet d’arrêté d’adhésion au RIFSEEP du corps de l’inspection du travail ;

- Projet d’arrêté ministériel relatif à l’organisation des unités de contrôle.

- 2°) Points pour information :

- Réorganisation territoriale de l’État ;

- Projet de décret portant diverses mesures d’organisation territoriale de l’État dans les régions.

Gratter, raboter, rogner sur tous les fronts des effectifs, des missions se déguisent sous des termes plus « nobles » de réorganisation territoriale de l’État, du RIFSEEP, d’organisation des unités de contrôle : mutualiser, coordonner, fusionner c’est votre devise et votre leitmotiv, sans aucune concertation avec les partenaires sociaux.

Devant ce vide sidéral, ce mur d’incompréhensions, ce dialogue de sourds, l’UNSA ITEFA dénonce, une fois encore, avec force et persévérance la perte dans les domaines de transmission, de savoir et de construction et la mise en déshérence de multiples services publics, sans omettre les conséquences sur les conditions de travail des agents, souvent à la limite de l’ubuesque, voire du kafkaïen.

La mise en place de cette politique illisible a des conséquences immédiates pour nous tous, alors que la stabilité du fonctionnement et de l’organisation des services est remise en question de manière permanente.

Aujourd’hui, la peur de ces réorganisations insensées est palpable et les agents, qui sont considérés depuis des années comme des « charges » pour les finances publiques, ne trouvent plus de sens à leur travail.

Point n’est besoin d’une multitude d’enquêtes auprès des agents du ministère du travail pour lister les problèmes qu’ils subissent depuis 2010 et pour décrire ce contexte de modifications permanentes et les résultats sans encore « enrichir » un cabinet de consultants externes.

Ainsi, cette alchimie redoutable, exécutée « à la hache », orchestrée sans faillir entraîne une dégradation des conditions de travail, une disparition des collectifs, une souffrance croissante des personnels dans leur milieu professionnel : les conséquences en seront incalculables malgré nos alertes pressantes de changer de cap puisque les conséquences seront une disparition de leur avenir et de leurs missions éparpillées, voire diluées.

Il est vrai que Chamfort avait prédit « il est plus facile de légaliser certaines choses que de les légitimer » !

Alors, réformer « oui » Détruire « NON ! »

L’administration française a mal à son travail : ce ne sont d’ailleurs « pas tellement les gens qui sont malades, mais le travail ».

Le travail peut être objet de grande souffrance mais aussi promesse de développement de sa sensibilité, de son intelligence. Travailler, c’est développer des coopérations avec d’autres dans son rapport au monde.

- Réforme territoriale urgente, réorganisation parallèle du ministère, multiplicité des groupes de travail sont autant d’accélérateurs de la détérioration des relations du travail, mais aussi sans doute du travail lui-même en favorisant la perte des repères, la montée des « dogmes managériaux », la concurrence des personnels pour se repositionner sur les futurs postes.

Cette administration reformatée, cette stratégie managériale menée par les Préfets méprisent leur principal capital et investissement, l’Humain et ses agents.

Bien plus, en obéissant à des donneurs d’ordre aveuglés par leur « nouvelle puissance », elles jouent aux apprentis sorciers en manipulant des concepts qu’elle ne maitrise pas parfaitement !

Elle joue avec l’équilibre et la santé physique et mentale des personnels.
Les refus, les recours, les dépressions sont prévus comme des phases normales qu’il faut accompagner, encadrer, jusqu’à la résignation et l’acceptation, précédant la rédemption totale par l’investissement dans cet énième projet se résumant par « toujours plus avec moins » !

ET pourtant :

« Le pouvoir ne s’impose que du seul consentement
de ceux sur lesquels il s’exerce. »

Etienne de la Boétie – 1548 -

TROP : C’EST TROP !

Les personnels ne veulent plus être des dominos !

Je vous remercie de votre attention.


P.-S.

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